Braquages, rackets, squats, trafic de cannabis... Voilà le quotidien de la première unité territoriale de quartier de la police en Seine-et-Marne, qui est entrée en service à la mi-juin à Combs-la-Ville. Cette police de proximité, spécialisée dans la lutte contre la délinquance et les violences urbaines, a été affectée au secteur sensible des Aulnes, Icare et de la Thérouanne.
« Soit 9 000 à 10 000 habitants et 60 % de la délinquance de la commune », justifie le commissaire de police de Sénart, Didier Soulès, responsable de l'Uteq.
Au sein de cette équipe de choc, neuf hommes et trois femmes ils seront douze d'ici la fin de l'année , spécialement entraînés et suréquipés : flash-balls, Taser, grenades de désencerclement... « Ils sont équipés pour les situations difficiles qui peuvent dégénérer. Mais ils interviennent sur toutes les missions de police secours, sept jours sur sept, aux heures sensibles, c'est-à-dire en fin d'après-midi et le soir. »
Premières patrouilles dans les rues de Combs. Pas de voiture banalisée ni de tenue civile. Les policiers se déplacent en uniforme. Objectif : occuper le terrain de manière visible. « C'est efficace ! sourit Henri, boucher au centre commercial Pablo-Picasso. Les jeunes qui traînaient et buvaient de l'alcool sur les bancs près des magasins sont partis ! » « La clientèle peut revenir sans avoir peur de se faire importuner », apprécie Guy François, président de l'association locale des commerçants. « Nous sommes là pour créer du contact avec la population et restaurer la confiance dans les quartiers », assure Cédric, brigadier-chef et coresponsable de l'Uteq.
Parmi les points sensibles de la ville, la gare RER. « Les violences et le sentiment d'insécurité s'y sont aggravés depuis le début de l'année, d'après la SNCF », confie Cédric. Deux jeunes, en train de boire du whisky-coca et d'uriner dans la rue, sont contrôlés. Pendant ce temps, l'une des policières discute avec l'épicier qui leur a vendu l'alcool : « Le voisinage se plaint de leurs nuisances ! Or vous en êtes aussi à l'origine. »
Un peu plus loin, un groupe de jeunes squatte l'entrée de la gare. « Ils gênent les usagers et peuvent les mettre mal à l'aise. » De l'autre côté du quai, un policier de l'Uteq alerte son collègue : « Y en a un qui vient de prévenir ses potes qu'on était là. » « Ça devait être le chouf (NDLR : le guet). On a dû les déranger dans leur petit trafic de stupéfiants.
En fait, on joue au jeu du chat et de la souris avec les délinquants », sourit Cédric.
Une seconde Uteq devrait voir le jour en Seine-et-Marne d'ici la fin 2009. Probablement à Meaux, dans le quartier sensible de Beauval.